{"id":23071,"date":"2022-02-10T17:26:04","date_gmt":"2022-02-10T16:26:04","guid":{"rendered":"http:\/\/51.83.210.77\/pey\/prod\/wordpress\/?p=23071"},"modified":"2022-04-20T19:54:03","modified_gmt":"2022-04-20T17:54:03","slug":"livre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.sergepey.fr\/index.php\/2022\/02\/10\/livre\/","title":{"rendered":"Pr\u00e9face du Projet DELTA(S)"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/51.83.210.77\/pey\/prod\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/deltas-730x1024.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-23284\" width=\"306\" height=\"429\" srcset=\"https:\/\/www.sergepey.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/deltas-730x1024.png 730w, https:\/\/www.sergepey.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/deltas-214x300.png 214w, https:\/\/www.sergepey.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/deltas-768x1077.png 768w, https:\/\/www.sergepey.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/deltas-1095x1536.png 1095w, https:\/\/www.sergepey.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/deltas-550x771.png 550w, https:\/\/www.sergepey.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/deltas-120x168.png 120w, https:\/\/www.sergepey.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/deltas-81x114.png 81w, https:\/\/www.sergepey.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/deltas.png 1098w\" sizes=\"(max-width: 306px) 100vw, 306px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>de Pierre et Patrice Soletti<\/p>\n\n\n\n<p class=\"justifie\"><strong>Un voyage \u00e0 l\u2019envers<\/strong><br>Faire un voyage \u00e0 l\u2019envers, et en revenir, est la condition de tout po\u00e8me. Avec ses mots perdus, mang\u00e9s par les oiseaux. Et dans ses traces, m\u00eame effacer par la mer, faire co\u00efncider ses pieds coup\u00e9s. Nous tenons, dans nos mains, la poign\u00e9e de sable qui nous unit et qui nous aveugle, aussi celle qui nettoie la rouille des couteaux. Nous sommes des serpilli\u00e8res de la lumi\u00e8re. Notre dignit\u00e9, et l\u2019honneur de nos mots, lavent le sol \u00e0 grande eau. Mais nos souliers sont aussi des sabliers que nous retournons pour mesurer le temps, m\u00eame s\u2019il marche \u00e0 contre-courant. La po\u00e9sie est toujours un exil, un bannissement et une d\u00e9portation de nos paroles. Nous r\u00e9citons nos po\u00e8mes avec une fronti\u00e8re dans la bouche qui nous fait saigner. Nous sommes des chevaux, ou des cheveux, nous rattachant \u00e0 des paroles \u00e9teintes. La fronti\u00e8re qui nous barre la bouche est le mors de ce cheval invisible, jamais dompt\u00e9. Les artistes catalans qui ont ouvert pour nous ce livre sont les descendants d\u2019une histoire que le monde a toujours voulu effacer. Celle de la \u00ab Ici, ce livre fait de nous un autre livre. Ses mots nous lisent, ses ombres nous photographient, et ses pages de papier mettent le feu \u00e0 tous les dictionnaires. Jusqu\u2019\u00e0 incendier le soleil. \u00bb Pr\u00e9face de Serge PEY 6 libert\u00e9, et des barricades de la R\u00e9volution espagnole, jamais termin\u00e9e et jamais vaincue. Ici donc les borborygmes d\u2019un peuple que seule la po\u00e9sie peut venger. Partir avec un t\u00e9moin de verre arrach\u00e9 de la lumi\u00e8re, c\u2019est d\u00e9terrer les autres morts, ceux qui ne sont jamais revenus, un pied dans la mer, et l\u2019autre dans la terre. Nos mains, qui saisissent les r\u00eaves, sont li\u00e9es avec des fers barbel\u00e9s et des garrots. Ainsi, comment ne pas danser les mots en traversant la montagne? Comment ne pas se retourner pour voir nos ombres se refermer sur nous? Comment ne pas perdre nos voix dans les ab\u00eemes? La po\u00e9sie porte l\u2019esp\u00e9rance \u00e0 7 bouts de bras, \u00e0 bouts de pieds, \u00e0 bouts d\u2019oreilles. Cette esp\u00e9rance est si l\u00e9g\u00e8re, et pourtant elle p\u00e8se si lourd dans nos mains aux ongles arrach\u00e9s. Cette inhalation de tramontane, qui est le poids le plus lourd de la balance de l\u2019amour et de la fid\u00e9lit\u00e9 au souvenir. Ici un appel. Notre t\u00e2che, \u00e0 nous, enfants de tous les exils, c\u2019est donc se retourner pour aller de l\u2019avant, car les morceaux de notre esp\u00e9rance, qui sont derri\u00e8re nous, nous poussent, impitoyablement, pour avancer. Il s\u2019agit de d\u00e9terrer les os de la po\u00e9sie dans les restes d\u2019un camp de concentration m\u00eame de cette po\u00e9sie, o\u00f9 quelques m\u00e9gots continuent de fumer devant des fusils. Il s\u2019agit de r\u00eaver et de chanter sans cordes vocales. La po\u00e9sie que nous \u00e9crivons avance toujours un soulier \u00e0 la main, m\u00eame si ceux qui nous accompagnent ont mille ans, ou ne sont pas encore n\u00e9s. Oui, la po\u00e9sie p\u00e8se parce qu\u2019elle est l\u00e9g\u00e8re comme le papillon qui, sans remuer ses ailes, affronte le vent qui renverse les arbres. Ici, ce livre fait de nous un autre livre. Ses mots nous lisent, ses ombres nous photographient, et ses pages de papier mettent le feu \u00e0 tous les dictionnaires. Jusqu\u2019\u00e0 incendier le soleil. Un fusil \u00e0 po\u00e8mes. Une poign\u00e9e de riz. Un lamparo. Un filet rempli de sel. Notre fronti\u00e8re n\u2019est qu\u2019une corde tiss\u00e9e avec les cheveux de nos morts. Nous la tendons pour escalader la montagne de toute la po\u00e9sie qui nous apprend aussi \u00e0 descendre vers la mer, ou dans un versant inconnu d\u2019un vent qui n\u2019a pas encore commenc\u00e9 \u00e0 souffler.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Sergi PEY SAGUER <\/strong>28 janvier 2022<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un voyage \u00e0 l\u2019envers<br \/>\nFaire un voyage \u00e0 l\u2019envers, et en revenir, est la condition de tout po\u00e8me. Avec ses mots perdus, mang\u00e9s par les oiseaux. 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